– Tabac et déchaussement, quel est le lien ?


 

 

Le tabac est directement mis en cause dans une variété de problèmes médicaux incluant le cancer, les enfants de petit poids à la naissance (hypotrophie), les maladies pulmonaires et cardio vasculaires.Au cours des 25 dernières années il y a eu un intérêt croissant pour le rôle du tabac dans la prévalence et la sévérité des maladies de la gencive et de l’os et sa conséquence directe, c’est à dire la perte de la denture. Il s’avère aujourd’hui que le tabac est un des facteurs de risque les plus importants dans le développement et la progression des maladies du parodonte (os et gencives ancrant vos dents dans les mâchoires).

 

 

Effet du tabac sur la sévérité et sensibilité des maladies de déchaussement

Dès 1946, une relation étroite à été mise en évidence entre la gingivite ulcéro-nécrotique et le tabac. Des études épidémiologiques réalisées aux USA récemment montrent que les fumeurs présentent plus de plaque bactérienne, plus de tartre et plus de destruction parodontale. Tous les signes cliniques et radiographiques caractéristiques des maladies parodontales sont accentués chez les fumeurs.

Selon les critères sélectionnés, les fumeurs présentent un risque de développer une maladie parodontale multiplié par 2,6 à 6 par rapport aux non fumeurs. Enfin la cigarette joue un rôle prépondérant dans les récidives.

 

Effet du tabac sur la réponse aux traitements

Toutes les études concernant des résultats thérapeutiques chirurgicales ou non chirurgicales des maladies parodontales montrent que la tabagie entraîne moins de succès dans les traitements contre le déchaussement, ainsi que moins de succès des greffes gingivales et des implants.

 

Développement du déchaussement chez le fumeur

Microbiologie :

Les fumeurs montrent plus de plaque dentaire (dépôt de microbes qui se forme à la surface des dents), et présentent des bactéries plus virulentes que les non-fumeurs.

Effet du tabac sur la réponse de l’hôte et sur les tissus parodontaux : bien que la cause soit bactérienne, le terrain du patient est déterminant dans la susceptibilité aux maladies parodontales. La tabagie pourrait agir par deux mécanismes :

– Défaut de la réponse immunitaire permettant de neutraliser l’infection.

– Modification entraînant la destruction des tissus parodontaux sains.

Le tabac va aussi avoir des effets nocifs sur les différentes fonctions des globules blancs, responsables en grande partie des défenses immunitaires.

Enfin, il modifie la vascularisation et affecte la cicatrisation.

 

Effet du sevrage tabagique sur les tissus parodontaux

Une énigme pour les ex-fumeurs … Ils se mettent parfois à saigner des gencives, alors que ça n’était pas le cas lorsqu’ils fumaient. Les signes du déchaussement apparaissent. En réalité, le tabac ne faisait que masquer la maladie.

Pire, il l’aggravait en silence. En effet, la cigarette inhibe des mécanismes immunitaires qui nous aide à nous protéger contre certains microbes buccaux. Six mois après l’arrêt du tabac, la circulation sanguine reprend son cours normal à l’intérieur de la bouche et les symptômes surgissent (saignements en particulier).

Par ailleurs, les fumeurs qui sont traités pour une parodontite doivent se montrer patients, car ils cicatrisent moins vite et moins bien au niveau de la bouche que les non-fumeurs.

 

Le sevrage tabagique est tout à fait bénéfique pour le parodonte. Et les anciens fumeurs répondent aussi bien que le non-fumeurs au traitement parodontal.

 

© Dr. Bilger Jean-Jérôme